Maquillage pour un entretien d'embauche : ce qu'on conseille
Un entretien n'est pas un soir de fête. On retire plus qu'on n'ajoute, et le but n'est pas d'être remarquée mais de se sentir posée.
Une cliente est passée au comptoir la semaine dernière, son entretien fixé au surlendemain. Sa question tenait en une phrase : est-ce que je me maquille plus, ou moins que d’habitude ? Elle avait les deux peurs en tête, et elles se contredisent. En faire trop, et qu’on ne regarde plus que ça. Ne pas en faire assez, et avoir l’air fatiguée avant même de s’être assise.
Je lui ai répondu ce que je réponds toujours sur le maquillage entretien d’embauche : ni plus, ni moins, autrement. Un entretien n’est pas un soir de fête. On ne cherche pas à être remarquée, on cherche à ne plus y penser une fois la porte franchie. Retirer plus qu’ajouter, et poser deux ou trois gestes qu’on n’aura pas envie d’aller vérifier aux toilettes.
Se sentir posée plutôt que remarquée
Il y a un détail chez les clientes qui sortent d’un entretien contentes d’elles, et ce n’est pas leur teint. Elles n’ont pas touché leur visage. Pas de doigt sous l’oeil, pas de lèvres qu’on repince. Un maquillage professionnel discret, c’est d’abord un maquillage qu’on oublie.
Le critère d’un maquillage entretien d’embauche n’est donc pas esthétique, il est pratique. Chaque geste posé le matin passe un test : est-ce que je vais avoir envie de le retoucher dans deux heures ? Si la réponse est oui, il saute. Un trait d’eyeliner mal maîtrisé, une bouche très pigmentée qu’on surveille après le café : deux occasions de porter la main au visage pendant qu’on vous pose une question.
Et si vous avez déjà un maquillage sobre pour le bureau, vous avez déjà le bon. Ce n’est pas ce matin-là qu’on essaie des gestes neufs.
Le teint : unifier sans ajouter d’épaisseur
L’erreur classique, c’est de confondre un teint net et un teint couvert. Une poudre de teint n’est pas une peinture, elle égalise. L’effet masque ne vient jamais de la teinte, il vient de la quantité et de l’endroit où on la pose.
L’ordre exact, celui que je fais faire au miroir :
- Le duo d’anti-cernes avant le fond de teint. La teinte foncée dans le creux du cerne, au plus près du nez, trois petites touches, jamais sur toute la poche.
- Estompez à l’annulaire, par petites pressions et non en frottant. La chaleur du doigt fait entrer la matière dans la peau.
- La teinte claire ensuite, au coin interne de l’oeil et sur la ligne haute de la pommette. On estompe la frontière entre les deux teintes, jamais le centre.
- Le fond de teint poudre au pinceau Teint. Chargez, tapotez le manche pour faire tomber l’excès, posez au centre du visage, là où ça brille : front, nez, menton.
- Étirez vers l’extérieur avec ce qui reste sur le pinceau. Les bords ne reçoivent presque rien : c’est ce qui évite la démarcation à la mâchoire.
- Une seconde passe uniquement sur la zone qui rebrille.
Un geste de plus, et c’est celui qui change une matinée d’entretien : reprenez un voile très léger de poudre de teint au pinceau Yeux, et passez-le sur l’anti-cernes déjà estompé. C’est ce qui l’empêche de se loger dans les plis.
L’erreur que je vois le plus les jours d’entretien : en mettre davantage sous l’oeil parce qu’on a mal dormi. C’est l’inverse qui marche. La matière en trop ne comble pas un cerne, elle finit dans un pli. Quant à l’effet gris que tout le monde redoute, il ne vient pas de la quantité mais de l’ordre : la teinte claire posée sur la foncée avant qu’elle soit fondue. Si vous n’avez pas encore vos deux teintes, on explique ici comment se lit un duo.
Le regard : ouvrir plutôt que souligner
Un entretien, c’est un long moment de contact visuel : le travail du regard doit tenir seul, sans retouche et sans transfert dans le pli. Une seule teinte de fard à paupières bien posée fait plus qu’un dégradé raté. Au doigt, sur toute la paupière mobile, du ras des cils jusqu’au pli. Puis le geste que presque personne ne fait : ouvrez l’oeil et regardez droit devant vous. Si la teinte a disparu, remontez légèrement au-dessus du pli.
Le trait, seulement s’il est acquis
Le trait au ras des cils ouvre le regard quand il est régulier, et il attire l’oeil sur lui quand il ne l’est pas. C’est le geste le plus long à apprendre : comptez trois ou quatre séances avant qu’il tombe juste. Si vous n’en êtes pas là, sautez-le franchement.
Si vous le faites : un fard à paupières foncé au pinceau Eyeliner, le coude posé sur la table, parce qu’un trait raté est presque toujours un bras en l’air. On ne trace pas une ligne, on remplit les espaces entre les cils par petits tirets.
La bouche : une teinte qu’on oublie une fois posée
C’est la zone où les clientes hésitent le plus, et celle où je refuse de trancher à leur place. Une teinte de bouche se juge sur des lèvres, à la lumière du jour, jamais sur un écran. La maison tient deux circuits. Le rouge à lèvres rechargeable, dont l’étui se garde et dont seule la cartouche se remplace, existe en Madame, un rouge franc, et en Diva, un marron chaud. Le rouge à lèvres mat, en format complet, existe en Diva le marron, Cavalière la violine et Pin-Up le rose. Le nom Diva sert donc aux deux, et une cartouche ne se clipse que dans l’étui du rechargeable : si vous avez un doute sur celui que vous possédez, regardez s’il s’ouvre par le bas. Aucune de ces teintes n’est plus professionnelle qu’une autre.
Le test du comptoir vaut mieux qu’une règle. Posez la teinte, reculez d’un bras du miroir, et regardez ce que vous voyez en premier : le visage, ou la bouche ? Pour un entretien, on veut le visage. Si vous hésitez entre deux, le Guide vous oriente zone par zone, et un conseil en visio se demande depuis la page contact.
Pour la tenue, le geste compte autant que la teinte. On pose au centre de la lèvre et on étire vers les commissures avec ce qui reste : c’est l’inverse du réflexe, et c’est ce qui évite la bavure. On referme les lèvres sur un mouchoir, puis on remet une couche : la première sert de base, la seconde donne la couleur.
Ce qu’on retire par rapport à un jour normal
Voici, geste par geste, ce que je change quand une cliente m’annonce un entretien le lendemain. Même méthode, un cran de moins partout.
| Le geste | Un jour ordinaire | Le matin de l’entretien |
|---|---|---|
| Fond de teint poudre | selon votre habitude | centre du visage, étiré vers l’extérieur |
| Duo d’anti-cernes | les deux teintes | les deux teintes, même dosage, aucune couche en plus |
| Fard à joues | selon l’envie | une pose légère vers la tempe, jamais sous la ligne du nez |
| Fard à paupières | une ou deux teintes | une seule teinte, sur toute la paupière mobile |
| Trait au ras des cils | si vous aimez | seulement s’il est acquis, sinon on le saute |
| Bouche | la teinte du jour | une teinte que vous oubliez une fois posée |
| Point de lumière | volontiers | une pointe, ou rien |
Le fard à joues mérite un mot, parce que c’est celui qu’on supprime à tort. Un teint unifié sans une pointe de couleur donne un visage plat, et plat se lit fatigué. On en met peu, du haut de la pommette en remontant vers la tempe, jamais sous la ligne du nez. Si c’est trop, un voile de poudre de teint par-dessus éteint sans effacer.
L’entretien en visio : la lumière avant le maquillage
Pour un maquillage entretien en visio, la première décision ne concerne pas votre trousse, elle concerne la pièce. Une fenêtre en face de vous, jamais dans votre dos, l’écran à hauteur des yeux plutôt qu’en contre-plongée. Rien de ce que vous poserez sur votre visage ne rattrapera une lumière qui vient de derrière.
L’erreur que je vois revenir : trouver l’image terne à l’écran, et ajouter de la matière pour compenser. La caméra écrase les reliefs, donc une couche de plus se voit comme une couche de plus, sans rien rendre au visage.
Ce qui change vraiment devant un objectif, c’est la brillance : le capteur accroche le front, le nez et le menton, et une zone qui luit prend toute l’image. Une passe de fond de teint poudre au centre du visage, juste avant de vous connecter, suffit. Gardez la coupelle à côté de l’ordinateur. Si vous enchaînez les visios, c’est le genre de geste qu’on travaille au miroir pendant une Irisé Party.
La photo de profil professionnelle
La photo de profil professionnelle suit les mêmes règles que le maquillage entretien d’embauche, avec une différence de taille : elle reste en ligne pendant des années, quand votre entretien dure une matinée. Ce qui vous semble juste aujourd’hui doit encore vous ressembler dans deux ans.
Le teint d’abord, même geste qu’en visio : on matifie le centre du visage, parce qu’une lumière de studio révèle la brillance plus qu’une webcam. La bouche ensuite : une teinte que vous portez vraiment, pas une teinte de circonstance. Une photo où vous ne vous reconnaissez pas est une photo que vous referez dans six mois.
Le réflexe que j’ajoute avant une séance : faites l’essai la veille, en plein jour, et prenez-vous en photo avec votre téléphone. Vous verrez en dix secondes ce que l’objectif fait de votre travail. C’est l’écart entre le miroir et l’image que personne n’anticipe.
Vos questions
Faut-il se maquiller pour un entretien d'embauche ?
Rien ne vous y oblige, et se présenter sans maquillage est un choix parfaitement tenable. La vraie question est celle du confort : si vous vous maquillez tous les jours, le matin d'un entretien n'est pas le bon moment pour arrêter, et si vous ne le faites jamais, ce n'est pas le bon moment pour commencer. On reste dans ses habitudes, en un cran plus sobre.
Quelle teinte de rouge à lèvres pour rester sobre ?
Nous ne tranchons jamais une teinte de bouche à distance : cela se voit sur vos lèvres, pas sur un écran. Le test que nous faisons au comptoir prend deux secondes : posez la teinte, reculez d'un bras du miroir, regardez ce que vous voyez en premier. Si c'est la bouche avant le visage, elle est trop présente pour un entretien.
Comment ne pas avoir l'air fatiguée sans en faire trop ?
Tout se joue sous l'oeil, et dans l'ordre plutôt que dans la quantité. La teinte la plus foncée de votre duo d'anti-cernes va dans le creux du cerne, au plus près du nez, en trois petites touches. Estompez à l'annulaire, par petites pressions et non en frottant. La plus claire ensuite, au coin interne de l'oeil et sur la ligne haute de la pommette. L'effet gris que tout le monde redoute vient de la teinte claire posée sur la foncée avant qu'elle soit fondue, pas de la teinte elle-même. Et la matière en trop ne comble rien : elle finit dans un pli.
Quel maquillage pour un entretien en visio ?
Commencez par la lumière : une fenêtre en face de vous, jamais dans votre dos, et l'écran à hauteur des yeux. Côté maquillage, on matifie le centre du visage, front, nez et menton, parce que c'est là que la caméra accroche la brillance. Le reste ne change pas, et surtout on n'ajoute pas de matière pour compenser une image sombre.
Maude
Fondatrice d’Irisé
J'ai créé Irisé avec une idée simple : apprendre les gestes avant de vendre les produits. Je suis en boutique la plupart du temps, et ce que j'écris ici, c'est ce que je répète chaque semaine devant le miroir.