Premier maquillage : par quoi commencer quand on n'a rien
On peut n'avoir jamais rien mis et vouloir essayer. Ce qui retient, ce n'est presque jamais le maquillage : c'est l'idée qu'il faudrait déjà savoir faire.
Elle est restée sur le pas de la porte un moment avant d’entrer. Puis elle m’a dit deux choses, dans cet ordre : qu’elle n’avait jamais rien mis sur son visage, et qu’elle ne voulait surtout pas que ça se voie. Vingt-trois ans, rien dans la salle de bains, et deux peurs qui se tenaient la main : le résultat dans le miroir, et le regard des collègues le lendemain matin. Un premier maquillage commence presque toujours par cette phrase-là.
Je lui ai demandé ce qui la ferait fuir. Elle a répondu tout de suite : qu’on lui dise « tiens, tu t’es maquillée ». C’est l’inquiétude la plus fréquente chez celles qui commencent, et c’est aussi la plus simple à régler, parce qu’elle ne tient pas au maquillage. Elle tient à la quantité. Un premier maquillage raté n’est presque jamais une affaire de teinte. C’est deux fois trop de matière posée d’un coup, par une main qui n’a pas encore appris à s’arrêter.
Ce qui vous retient, et pourquoi ce n’est pas le maquillage
Quand quelqu’un me dit qu’il ne sait pas se maquiller, je réponds rarement sur le maquillage. Parce que ce n’est presque jamais là que ça bloque.
Ce qui bloque, c’est l’idée qu’il faudrait déjà savoir. Vous ouvrez une vidéo, la main à l’écran va vite, elle ne dit pas pourquoi elle va là plutôt qu’ailleurs, et vous en concluez qu’il existe un savoir que tout le monde a attrapé sauf vous. Personne ne l’a attrapé. Celles qui se maquillent depuis quinze ans répètent le plus souvent un geste pris à dix-sept ans devant un miroir de chambre, que personne n’a jamais regardé.
Se maquiller quand on n’a jamais appris, ce n’est donc pas rattraper un retard. C’est partir sans automatisme à défaire, ce qui est plutôt confortable. Les clientes qui progressent le plus vite en séance sont souvent celles qui n’avaient rien posé de leur vie.
L’autre chose qui retient, c’est la peur du visible. Elle est légitime, et elle a une réponse technique. On y vient plus bas.
On ne commence pas par acheter, on commence par regarder
Voilà l’ordre que je donne toujours, et il surprend dans une boutique.
Un matin où vous avez cinq minutes, mettez-vous devant une fenêtre, visage démaquillé, sans lampe de salle de bains au-dessus de vous. La lumière du jour est la seule qui dise la vérité sur une peau. Et regardez trois choses.
Où la peau brille. C’est presque toujours le centre du visage : le front, l’arête du nez, le menton. C’est là qu’il faudra de la matière, et nulle part ailleurs.
Où la lumière s’éteint. Le haut des pommettes, le coin interne de l’œil. C’est là qu’on rallumera.
Et le bord de la mâchoire, qui est la zone qui trahit tout. Une teinte se juge là, sur une peau démaquillée, à la lumière du jour, jamais sur un écran. Si vous voulez une lecture guidée de votre carnation et le nom de vos teintes, le Guide vous situe zone par zone. Quand deux teintes voisines se valent, la réponse honnête est qu’il faut voir la peau : c’est à ça que servent la boutique et le conseil en visio.
Le premier achat à ne pas faire
Je vais être directe : n’achetez pas une première trousse de maquillage complète.
C’est le réflexe de tout le monde. On veut s’équiper, on prend une palette large, quatre pinceaux, un peu de tout. Deux mois plus tard, trois coupelles sont creusées et les autres sont intactes. Ce n’est pas de l’argent perdu, c’est pire : c’est une Mood Box qui vous rappelle chaque matin que vous ne savez pas vous en servir.
La logique de la maison va exactement à l’inverse. La Mood Box se vend vide. Vous composez vos six places une par une, vous en laissez de libres, et vous complétez le jour où un geste vous manque. Quand une coupelle est finie, vous rachetez la coupelle, pas la Mood Box. Pour un premier maquillage, deux places occupées sur six est une très bonne Mood Box.
Une précision utile avant de composer : le fond de teint poudre occupe quatre places à lui seul. C’est le seul vrai arbitrage du boîtier, autant le savoir tout de suite.
Les deux premiers gestes, et rien d’autre
Un maquillage de tous les jours tient en deux gestes. Ce ne sont pas deux gestes faciles parmi dix, ce sont les deux qui font le travail.
| Le geste | Ce qu’il fait | Avec quoi |
|---|---|---|
| Unifier | Éteint la lumière qui accroche au centre du visage | Une poudre de fond de teint et le pinceau Teint |
| Éclairer | Rallume la lumière sur trois points précis | Un fard clair, Neige Rosée chez nous, posé au doigt |
Le premier se pose au centre, front, nez, menton, puis s’étire vers l’extérieur avec ce qui reste sur le pinceau, sans jamais recharger. Le second se fait sans outil, avec très peu de matière :
- Le haut de la pommette, sur l’os.
- L’arcade, juste sous le sourcil.
- Le coin interne de l’œil, une pointe minuscule.
C’est tout. Ces deux premiers gestes de maquillage se tiennent en très peu de temps une fois la main installée, et le détail complet est ici : le maquillage en 30 secondes le matin.
Se maquiller sans que ça se voie, c’est une question de quantité
On y revient, parce que c’est la vraie question de départ.
Ce qui fait dire « tu t’es maquillée » après un premier maquillage, ce n’est pas la teinte. C’est la matière déposée d’un coup au mauvais endroit, et la ligne qu’elle laisse. Deux gestes règlent presque tout.
Le premier : tapotez le manche du pinceau deux ou trois coups secs au-dessus du boîtier après l’avoir chargé. La poudre en trop retombe dedans, rien n’est perdu, et vous partez avec la bonne dose. Une poudre trop chargée ne se rattrape pas, elle s’enlève.
Le second : commencez au centre du visage. Toujours.
L’erreur que je vois chez presque toutes les débutantes
Commencer par les joues. C’est le réflexe naturel : c’est la plus grande surface, c’est la mieux éclairée, la main y va. Sauf que le pinceau est à pleine charge à ce moment-là. Vous obtenez deux plaques plus foncées sur les pommettes, vous passez ensuite dix minutes à les estomper, et vous concluez que le maquillage n’est pas pour vous.
Le centre d’abord, les bords avec le reste. Vous allez trouver que ce n’est pas assez. Ce sera assez. La première semaine, mettez-en volontairement moins que ce que votre main veut poser, et regardez le résultat à la lumière du jour avant de sortir.
Le moment où on ajoute une teinte
Quand les deux gestes partent sans hésitation le matin, vous pouvez ajouter. Pas avant. Une coupelle de plus dans une Mood Box où rien n’est acquis, c’est une décision de plus à prendre à sept heures du matin.
L’ajout le plus simple est une teinte sur la paupière. Une seule, posée au doigt sur toute la paupière mobile, du ras des cils jusqu’au pli. Puis vous ouvrez les yeux et vous vérifiez qu’on la voit encore. Si elle a disparu, c’est qu’il faut remonter légèrement au-dessus du pli, et c’est le cas de la plupart des paupières. Estompez la limite haute avec un doigt propre, pas avec celui qui porte la matière.
Une seule teinte bien posée fait plus qu’un dégradé raté. Retenez cette phrase, elle vous fera gagner des années.
Sur laquelle choisir, je ne tranche pas par écrit. Il n’existe pas chez nous de règle du type telle teinte pour tels yeux : ce sont des accords qui se regardent sur un visage, à la lumière du jour. C’est une des premières choses qu’on fait ensemble en séance.
Apprendre avec quelqu’un plutôt qu’avec une vidéo
Une vidéo montre un résultat. Elle ne voit pas votre main.
C’est toute la différence, et c’est pour ça que la maison a fait les cours avant les produits. En Irisé Party, la maquilleuse fait une moitié de votre visage, et vous faites l’autre. C’est cette moitié-là qui apprend quelque chose. Elle voit que vous appuyez trop, que vous chargez trop, que vous partez du mauvais côté, et elle vous le dit au moment exact où vous le faites. Aucun écran ne peut faire ça.
Vous venez avec rien, tout est fourni. On commence par vos habitudes, même quand il n’y en a aucune : ce que vous avez essayé, ce qui vous a découragée, ce que vous ne voulez surtout pas. Apprendre à se maquiller quand on est débutante, ça se passe souvent très vite, justement parce qu’il n’y a rien à défaire.
Et si vous craignez de vous retrouver seule face à un miroir avec une professionnelle, venez à deux. Beaucoup de séances se font à deux : une mère et sa fille, deux amies, une sœur. On apprend mieux en riant, et personne ne regarde votre visage aussi durement que vous.
Si vous ne pouvez venir ni à Paris ni à Lyon, le conseil en visio existe : un rendez-vous court avec une maquilleuse, pour voir vos teintes et composer votre boîtier, et il se demande depuis la page contact. Et si vous voulez avancer seule encore un peu, les autres articles pour apprendre les gestes reprennent chacun un geste à la fois.
Vos questions
Est-il trop tard pour apprendre à se maquiller ?
Non, et la question revient à tout âge au comptoir. Le maquillage n'est pas une langue qu'il fallait apprendre enfant, c'est une suite de gestes de la main, et une main adulte les prend très vite. Ce qui change avec l'âge, ce n'est pas la difficulté, c'est ce qu'on a envie d'en faire.
Par quel produit commencer quand on n'a rien ?
Par une poudre de fond de teint et un fard clair, rien de plus. La première unifie le centre du visage, le second rallume trois points et se pose au doigt. Vous tenez la totalité d'un maquillage de tous les jours avec ces deux coupelles, et vous ajoutez le reste quand elles sont acquises.
Comment se maquiller sans que ça se remarque au travail ?
En posant moins de matière que vous ne croyez, et en travaillant du centre du visage vers l'extérieur. Ce qui se voit, ce n'est presque jamais la teinte, c'est la démarcation au bord de la mâchoire et la quantité déposée d'un seul coup. Chargez peu, tapotez le manche du pinceau au-dessus du boîtier, et ne rechargez pas pour finir les bords.
Faut-il des pinceaux dès le début ?
Un seul suffit, le pinceau Teint, et encore : le point de clair se pose au doigt, sans aucun outil. Les pinceaux Yeux et Eyeliner servent à des gestes que vous ferez plus tard, quand vous les aurez décidés. Acheter les quatre d'un coup, c'est acheter trois objets qui vont dormir.
Maude
Fondatrice d’Irisé
J'ai créé Irisé avec une idée simple : apprendre les gestes avant de vendre les produits. Je suis en boutique la plupart du temps, et ce que j'écris ici, c'est ce que je répète chaque semaine devant le miroir.