Premier cours de maquillage : le déroulé, temps par temps
C'est la question qui revient le plus souvent au téléphone : comment ça se passe ? Voici les quatre temps d'une séance, et ce qu'on vous demandera de faire vous-même.
Une cliente m’a appelée la semaine dernière pour réserver. On a regardé les créneaux, elle a choisi son jour, et puis il y a eu ce silence qu’on connaît bien. Elle a fini par le dire : est-ce que vous allez vous moquer de ma façon de faire ? Elle se maquille tous les matins depuis vingt ans, et elle n’a jamais montré ses gestes à personne. C’est ça, la vraie question d’un premier cours de maquillage. Pas le programme, pas le matériel, pas le niveau : le regard de quelqu’un d’autre pendant qu’on tient le pinceau.
Je lui ai répondu ce que je vais vous raconter ici. Une séance se déroule en quatre temps, toujours les mêmes, et aucun des quatre n’est un examen. Je n’ai jamais vu arriver quelqu’un qui faisait n’importe quoi. Je vois des gestes appris seule, devant un miroir, sans personne pour dire « montez la main » ou « il y en a trop sur le pinceau ». C’est tout. Et ça se corrige en une séance.
Chez IRISÉ, ce cours s’appelle une Irisé Party
Le nom sonne festif, et c’est voulu, mais il désigne une chose très précise : un cours d’auto-maquillage, en boutique, avec une maquilleuse professionnelle diplômée d’une école de maquillage. Auto-maquillage, ça veut dire qu’on ne vous maquille pas. On vous apprend à le faire.
Ça se passe à Paris, rue Galande, ou à Lyon, rue de la Bourse. Vous pouvez venir seule, à deux, à trois, ou en groupe pour un enterrement de vie de jeune fille, un anniversaire ou une sortie d’équipe. À partir de six personnes, on ferme la boutique et elle est à vous. Pour un premier cours de maquillage, le solo et le duo restent les formats les plus fréquents, et le détail de chacun est sur la page des Irisé Party. Les créneaux des deux boutiques sont sur la page de réservation.
Le déroulé est le même partout, et il tient en quatre temps.
| Le temps | Ce qui se passe | Ce qu’on vous demande |
|---|---|---|
| On fait connaissance | Ce que vous mettez d’habitude, ce que vous n’osez pas, ce qui vous fatigue le matin | De parler franchement, rien d’autre |
| On regarde votre visage | La forme de l’œil, la carnation, ce que la lumière fait à votre teint | De vous laisser regarder, démaquillée |
| On apprend les gestes | Le cœur de la séance, et de loin le plus long | De tenir le pinceau et de recommencer |
| On vous montre ce qu’il faut | Et surtout ce dont vous n’avez pas besoin | Rien. Vous écoutez, vous notez si vous voulez |
On fait connaissance : ce que vous mettez, ce qui vous fatigue le matin
Le premier temps se passe assise, sans rien toucher. Je pose trois ou quatre questions, toujours les mêmes. Qu’est-ce que vous mettez un matin normal, dans l’ordre. Qu’est-ce que vous avez arrêté de mettre, et pourquoi. Qu’est-ce qui vous agace : ce qui brille à midi, le trait qui n’est jamais le même des deux côtés, la teinte achetée trois fois et jamais la bonne.
Ces réponses valent plus que tout ce que je peux voir. Une femme qui me dit « j’ai le temps le samedi mais pas en semaine » n’a pas besoin du même enseignement qu’une femme qui se maquille en vitesse avant de partir. Une femme qui a arrêté le fard à joues parce qu’elle s’est trouvé un air de poupée a un problème de zone de pose, pas de teinte. On ne le saurait pas sans lui demander.
C’est aussi le moment où la peur de mal faire tombe. Je n’ai encore jamais entendu une habitude absurde. J’entends des gestes qui ont été justes un jour, sur un autre visage, à un autre âge, et qu’on répète depuis sans les avoir jamais revus. C’est très différent, et c’est souvent le vrai sujet de ces séances. Les autres articles du thème sont réunis sur le hub Apprendre.
On regarde votre visage à la lumière de la boutique
Ensuite on démaquille, et on regarde. Démaquillée, parce qu’une carnation ne se lit pas à travers une couche de fond de teint, et parce que la mâchoire est le seul endroit fiable pour la lire. Si vous arrivez maquillée, le démaquillage fait partie de la séance.
Ce qu’on observe tient en trois choses. La carnation et son sous-ton, pour savoir sur quelles teintes travailler. La forme de l’œil et de la paupière, parce que le même geste donne deux résultats opposés selon que la paupière se replie ou non. Et la lumière : celle de la boutique, celle de la rue en sortant, celle d’un bureau. Un maquillage qui va aux trois n’existe pas, et il vaut mieux le savoir que le découvrir sur une photo.
Ce temps répond aussi à une question que les clientes posent rarement à voix haute : est-ce que ma teinte est la bonne ? Une teinte se juge sur une peau démaquillée, à la lumière du jour, jamais sur un écran. Si vous ne pouvez venir dans aucune des deux boutiques, un conseil en visio avec une maquilleuse se demande depuis la page contact : ça ne remplace pas la séance, mais ça évite d’acheter une teinte au hasard.
On apprend les gestes : vous tenez le pinceau, vous refaites, on corrige
C’est la plus longue partie de la séance, et de loin. On avance dans l’ordre de pose, celui qu’on garde ensuite tous les matins.
- Le teint : neutraliser d’abord, unifier ensuite, réchauffer en dernier.
- Les joues : on charge peu, on tapote le pinceau, on pose par petits cercles du haut de la pommette vers la tempe.
- Les yeux : une seule teinte bien posée avant d’en tenter deux.
- Les lèvres : le centre d’abord, puis on étire vers les commissures.
Pour chaque geste, je le fais une fois, lentement, en disant à voix haute ce que fait ma main. Puis vous le faites. Puis vous le refaites, parce que la première fois ne compte jamais.
Deux erreurs reviennent dans presque toutes les séances, et elles ne sont pas celles qu’on croit. La première : commencer le fond de teint par les joues. Le pinceau est chargé au maximum à ce moment-là, il dépose deux plaques, et on passe le reste du temps à rattraper. On commence au centre du visage, front, nez, menton, là où ça brille, et on étire vers l’extérieur avec ce qui reste. Les bords ne reçoivent presque rien : c’est exactement ce qui évite la démarcation à la mâchoire.
La seconde : poser le fard à joues sur le rond de la pommette, en plein milieu. C’est ce qui donne l’effet poupée que tout le monde redoute, et c’est ce qui fait croire à beaucoup de femmes que le blush n’est pas pour elles. On sourit, on repère le haut de la pommette, on remonte d’un doigt vers la tempe, et c’est là que ça commence. On ne descend jamais sous la ligne du nez : c’est ce qui fait tomber le visage. Et si on en a mis trop, on ne frotte pas pour retirer, on repasse un voile de poudre de teint par-dessus, ça éteint sans effacer.
Pourquoi la maquilleuse ne fait qu’une moitié du visage
C’est le principe qui surprend le plus, et c’est celui auquel je tiens le plus. La maquilleuse fait une moitié de votre visage. Vous faites l’autre.
Trois raisons. La première est visuelle : à la fin, vous avez le résultat et votre version côte à côte, dans le même miroir, à la même lumière. Vous voyez tout de suite où ça diffère, et la différence tient presque toujours à la quantité de matière, pas au produit.
La deuxième est physique. Se maquiller soi-même, c’est un geste inversé par le miroir, fait de sa main faible d’un côté. Regarder quelqu’un vous maquiller n’apprend donc rien à votre main. Il faut que ce soit la vôtre.
La troisième est la plus importante. Une séance où elle ferait tout serait agréable et parfaitement inutile le lendemain. La main garde ce qu’elle a fait, pas ce qu’elle a vu.
Et non, vous ne repartez pas à moitié maquillée. Une fois la démonstration terminée et comparée, on finit ensemble.
On vous montre ce qu’il faut, et surtout ce dont vous n’avez pas besoin
Ce temps arrive en dernier, et ce n’est pas un hasard. Une séance qui commencerait par les produits serait une vente, pas un cours.
À ce stade, vous avez fait les gestes, donc vous savez de quels outils ils ont besoin. La liste est courte, souvent plus courte que ce que les clientes imaginent. Deux pinceaux suffisent pour commencer : le pinceau Teint, plat, qui donne le rendu le plus couvrant, et le pinceau Joues, plat biseauté, qui pose les joues, réchauffe le teint, et sait même poser le fond de teint en voile léger. Les pinceaux Yeux et Eyeliner viennent après, quand les gestes du teint sont acquis.
Je dis aussi ce qui ne sert à rien, et c’est ce qu’on me remercie le plus d’avoir dit. Trois ou quatre pinceaux de votre trousse ne servent probablement à rien. Et une même poudre fait deux gestes différents selon le pinceau qui la prend, ce qui évite parfois un achat : c’est toute la logique de la Mood Box, où les six places se comptent et où chaque coupelle doit mériter la sienne.
À aucun moment on ne vous demande d’acheter
Je le dis au téléphone, je le redis en début de séance, et je le tiens : on ne vous forcera pas à acheter. Si rien ne vous manque, la séance vous aura appris à vous servir de ce que vous avez déjà, et c’est une séance réussie.
Cette maison a commencé par donner des cours avant de vendre des produits, et l’ordre compte. Une cliente qui repart avec un geste appris et le panier vide reviendra pour la bonne raison.
Concrètement, ça veut dire qu’on travaille très volontiers sur vos produits à vous, y compris ceux d’autres marques. Les gestes marchent avec, c’est le principe d’un geste.
Venir les mains vides : tout est fourni
C’est la question qu’on me pose le plus après « comment ça se passe » : que faut-il apporter à un cours de maquillage ? Rien. Produits, pinceaux, démaquillant, miroir, tout est là.
Vous n’avez pas non plus à arriver démaquillée. Venez comme un jour normal, c’est même plus utile : je vois ce que vous faites d’habitude avant qu’on l’enlève.
La seule chose qui peut valoir le coup d’être dans votre sac, c’est votre trousse. Pas pour l’exposer, pour qu’on la trie ensemble. Les autres questions pratiques, créneaux, annulation, accès, sont dans la FAQ.
Ce qu’on retient le lendemain matin, et la différence avec une mise en beauté
Le vrai test n’est pas en boutique, il est le lendemain, chez vous, devant votre miroir, avec votre lumière et le temps que vous avez. Ce qui revient en premier, c’est presque toujours deux ou trois choses : la quantité de matière sur le pinceau, l’endroit où on commence, et le sens dans lequel on estompe. Le reste se réinstalle au fil de la semaine, geste après geste.
Comptez le double de temps les premiers jours. Une femme qui s’éternise le premier matin se dit que ce n’est pas pour elle, alors que c’est simplement une main qui apprend.
C’est là qu’est toute la différence avec une mise en beauté. Se faire maquiller par quelqu’un, c’est repartir avec un visage, pour un mariage, une soirée, une photo. C’est très bien, et ça s’arrête au démaquillage du soir. Un cours, c’est repartir avec des gestes, et ils sont à vous pour toujours. Les deux ne répondent pas à la même envie : l’une donne un résultat, l’autre donne une autonomie.
La cliente du téléphone est venue. Elle tenait son pinceau tout près des poils, ce qui l’empêchait d’estomper : on a monté sa main de quelques centimètres et la moitié de son problème a disparu. Elle m’a écrit le surlendemain pour me dire qu’elle avait gagné du temps le matin. Personne ne s’est moqué de personne, et c’est la seule chose que j’aimerais qu’on retienne d’un premier cours de maquillage.
Vos questions
Que faut-il apporter à une Irisé Party ?
Rien du tout. Les produits, les pinceaux et le démaquillant sont fournis en boutique, et vous pouvez arriver maquillée, on démaquille sur place. La seule chose qui peut servir, si vous y tenez, c'est votre trousse habituelle, pour qu'on regarde ensemble ce que vous avez déjà.
Faut-il savoir se maquiller pour venir ?
Non, et c'est même plus simple quand on n'a aucune habitude à défaire. On reçoit des débutantes complètes et des femmes qui se maquillent depuis toujours, souvent à la même table. La séance part de ce que vous faites aujourd'hui, quel que soit le point de départ.
Y a-t-il un âge pour venir ?
La séance est ouverte à tous les âges. Beaucoup de nos duos sont des duos mère-fille, parfois avec la grand-mère, et on a des femmes de tous les âges à la même table. Un geste s'apprend aussi bien à quinze ans qu'à soixante-dix.
Peut-on venir à deux ?
Oui, en duo, en trio ou en groupe, et c'est un format très fréquent. À partir de six personnes, la boutique est privatisée, ce qui convient bien à un enterrement de vie de jeune fille, à un anniversaire ou à une sortie d'équipe. Chacune travaille sur son propre visage, personne ne regarde de loin.
Les hommes sont-ils les bienvenus ?
Oui, sans réserve, et le déroulé ne change pas. La demande porte le plus souvent sur le teint, avec un résultat discret qui ne se voit pas comme du maquillage. Vous repartez avec les mêmes gestes que tout le monde, appris sur votre visage.
Maude
Fondatrice d’Irisé
J'ai créé Irisé avec une idée simple : apprendre les gestes avant de vendre les produits. Je suis en boutique la plupart du temps, et ce que j'écris ici, c'est ce que je répète chaque semaine devant le miroir.